Comment mieux acheter à l’encan pour une entreprise ou un individu qui achètent des véhicules accidentés avec le but de les revendre à profit ? Tout d’abord, il faut savoir faire la différence entre une bonne et une mauvaise occasion. Il y a des indicateurs de base pour mitiger les risques et augmenter la capacité à générer des profits.

Identifier une bonne occasion d’achat à l’encan

Il est important de connaître la demande pour le véhicule que l’on souhaite acquérir à l’encan. Ceci permet d’évaluer les bénéfices potentiels que vous pouvez réaliser après la reconstruction de ces véhicules pertes totales. Ce qui peut sembler une opportunité peut rapidement devenir un gouffre financier. Le premier conseil est de s’intéresser à des véhicules récents ou qui ont une valeur stable sur le marché. Vous éviterez ainsi les variations de vos délais de production.

Il faut bien évaluer les dommages au véhicule afin de mitiger les risques. L’un des pièges dans lequel il est facile de tomber est de se fier directement à l’estimation de l’assureur. Pourquoi ? Lorsque l’estimateur de l’assureur passe un certain seuil de dommages, il cesse son investigation et déclare le véhicule perte totale. Souvent, l’ensemble des dommages n’est pas complètement documenté, réservant parfois des surprises majeures qui pourraient empêcher l’acheteur de reconstruire le véhicule, les coûts étant trop importants. Alors que faire ? Se garder une marge pour les surprises. Si les dommages sont sous le véhicule, par exemple sur le berceau moteur, il est pertinent d’évaluer le risque et d’avoir une autre solution que la reconstruction. La mécanique est souvent un moment décisif dans la reconstruction d’un véhicule lorsque celle-ci est dispendieuse (Audi, BMW, etc.).

Lorsque vous considérez les retours d’une vente de véhicule après sa reconstruction, assurez-vous que les pièces que vous recherchez à cette fin sont disponibles au prix courant désiré, incluant, par exemple, la publicité, les frais de transport, les taxes et les frais d’inspection pour sa remise sur la route.

N’oubliez pas l’incontournable vérification RDPRM au Québec ou PPSR en Ontario. Ça pourrait bien être les quelques dollars les mieux investis de votre projet puisque cette vérification démontre si le véhicule a une hypothèque mobilière liée à ce dernier, une responsabilité qui vous incombera de payer si vous achetez le véhicule.

Bien évaluer son potentiel de prix de revente

Il s’agit de s’intéresser suffisamment à ce qui se passe sur les sites d’encan de ventes de véhicules et de consulter les sites de ventes généraux comme Kijiji, Auto Hebdo, Market Place, afin d’anticiper la demande et observer l’offre. Suivre ces sites peut aussi nous donner une indication de la saturation du marché pour un modèle, par exemple, s’il y a beaucoup de modèles de véhicules en vente identiques à celui que l’on désire vendre, ce n’est peut-être pas le bon moment. On pourrait perdre des profits parce que la concurrence est féroce. Bien sûr, les manuels comme les Black Book nous indiquent souvent la variation des prix dans le temps pour les différents modèles, mais ne représentent pas nécessairement la réalité. Les acheteurs sont de plus en plus méfiants au niveau de l’historique des véhicules. Une histoire ou une réclamation antérieure peuvent facilement être soulevées par plusieurs rapports existants tels que Carproof et autres services du genre. Ceux-ci peuvent facilement faire diminuer l’offre d’un acheteur potentiel. Si le véhicule maintient un état VGA (véhicule gravement accidenté), il faut alors prévoir une perte d’au moins 30 % de sa valeur marchande actuelle. Au Québec, tous les véhicules qu’un assureur a déclarés pertes totales par sinistre sont identifiés avec cet état. Les autres provinces, telles que l’Ontario, sont moins strictes dans leurs dossiers au niveau des statuts, il est donc important de considérer ces options.

Délais de production

Afin de prévenir la dépréciation des véhicules que vous achetez, évitez les achats lorsque votre délai d’attente avant la production surpasse votre carnet de production. Par exemple, si vous pouvez rebâtir dix véhicules par an et que vous en avez déjà une douzaine dans la cour, il vaut probablement mieux attendre avant d’effectuer le prochain achat afin d’éviter la détérioration de la matière première et sa dépréciation.

Travailler avec une clientèle établie

Est-il possible de vous associer avec des partenaires et des clients qui ont des demandes particulières afin de reconstruire des véhicules pour eux ? Ce genre d’entente peut grandement diminuer votre risque et stabiliser une partie de vos revenus liés à la reconstruction de véhicule.

Respect des normes

Dans tous les cas, respectez les normes de reconstruction établies par les manufacturiers automobiles et des autorités gouvernementales. Certains véhicules peuvent perdre leur garantie après une reconstruction. De nouvelles occasions peuvent même faire surface si on observe notre environnement légal.

Par exemple, acheter un véhicule ontarien sans mention peut être une bonne stratégie afin d’éviter un statut VGA au Québec. Même si la réglementation permet de faire ce genre de transfert, il est important de s’assurer d’offrir le maximum de sécurité possible aux prochains utilisateurs de véhicules reconstruits.

Rédaction : Alexandre Rocheleau
Collaboration : Frédéric Miceli
Révision : Sophie Larocque